(à propos de)

 

 

“-Je vais au QG.
-T’es malade ou quoi?
-Je vais au QG.
-Fais-toi porter par ta maman.
-Je vais au QG.
-Pourquoi pas à Paris?”

Sans compter d’autres injurieux. Taxis chics. Taxis à l’image des chauffeurs.
Graisseux, sales, négligés, débraillés. Image du QG…
Mais crasse différente et supérieure à celle du QG…
Car la crasse, comme les fesses, se divise en deux catégories.
D’un côté la crasse riche, où l’on peut, à défaut d’y trouver à manger, humer les relents de l’opulence. Fesses riches, flétries, abîmées, exhalant déjà les effluves de la mort, mais toujours ardentes et généreuses.

Cul. Billet. Fesse. Tout diffère de cette crasse qugétiste vidée de tout.
Crasse à l’état pur, réplique exacte de la fesse pauvre en état crépusculaire.
Flasque, répugnante, inutile…
Même pas d’odeur où flanquer le nez!

J’aime regarder les culs.

Je me suis dit que de les étudier devait être un agréable exercice.
Mon père est antillais.
Là bas, les fesses sont généreuses et c’est presque insultant si elles ne le sont pas.
Là bas on danse avec comme on bat des cils.
C’est la femme belle et en bonne santé, si on remonte dans le temps, c’est la femme fertile et forte, aussi. En somme, les hommes aiment regarder les femmes aux fesses rondes et pulpeuses. C’est simplement plus évident, plus assumé et spontané.

Mon père ne s’est jamais privé de se dévisser la nuque pour se tourner sur un éventuel joli fessier. Souvent tout son torse suit la torsion de sa nuque, sûrement parce que son oeil aveugle ne l’aide pas à avoir un “full screen view”. Mouvement peu naturel.
Je reconnais là l’utilité du rétroviseur.

Depuis petite, je l’observe, et le foudroie du regard, (pensant à ma mère j’imagine) mais il semblerait que j’ai toujours été du côté de l’œil qui n’y voit pas.

J’étais obligée de m’assurer que mon regard inquisiteur était justifié.
Donc “obligée”, de regarder l’objet de son attention ou de son inattention, de détournement de son attention,
Objet perturbateur en bref.

Les culs.
C’est beau, agréable, envoutant et facile à regarder… Et passer pour une voyeuriste est bien au-delà de mon inquiétude aujourd’hui.
J’ai, en quelques sortes développé la même aisance que mon père, en travaillant avec ces formes.